Chroniques

Vie du Cercle : nouvelles, initiatives & mises à jour.

Assemblée Générale du Cercle 2024 plus Table ronde

L’Assemblée Générale du Cercle Ferdinand de Saussure est convoquée le samedi 5 Octobre 2024 à 14 heures (heure de Genève), à l’Université de Genève, site Unimail, salle 4193.

La convocation officielle du Président du Cercle est disponible à ce lien.

Cette année, l’AG sera accompagnée d’une table ronde en souvenir de René Amacker (1942-2024), ancien Président du Cercle (1996-2002).

Colloque et AG sont publics, et seront accessibles à distance : un dispositif artisanal de téléportation sera mis en place.
Attention ! Pour en profiter, il faut réserver sa place avant le 4 octobre en communiquant nom et courriel dans le formulaire ci-dessous :

Publié par giuseppe d'ottavi dans Chroniques, Événements

René Amacker (1942-2024)

 

Bologna 1973, Congrès International des Linguistes. Depuis la gauche : Tullio De Mauro, Daniele Gambarara, René Amacker, Rudolf Engler, Enzo Golino, Umberto Eco, Franco Lo Piparo.

[À] mon avis, c’est en partant de ce qu’il tirait de l’observation de la langue – c’est-à-dire des lois ou des « théorèmes » de la linguistique – que Saussure en est venu à postuler le cadre pour ainsi dire vide qu’est chez lui la sémiologie ; c’est que la sémiologie, une fois qu’elle aurait été constituée, devait simplement fonder et déterminer la linguistique, c’est-à-dire justement le point de départ de Saussure. Il me semble donc que, selon une reconstruction idéale de sa démarche, la sémiologie, définie au moyen des instruments conceptuels fournis par la linguistique (à un niveau N de la formalisation), était conçue en particulier pour fournir les instruments conceptuels (de niveau N–1 dans la formalisation) propres à définir formellement, parmi d’autres disciplines de niveau N, notamment la linguistique. J’attribue donc à un effet de la réflexivité la raison d’être de la sémiologie, qui ne sert visiblement à rien d’autre chez Saussure qu’à donner à la linguistique une caution scientifique dont la linguistique assure elle-même le financement. Si ces vues ne sont pas totalement chimériques, on conçoit que la sémiologie saussurienne en soit restée pour l’essentiel à l’état de projet : les moyens, notamment formels, qui auraient été indispensables à son développement échappaient à Saussure ; mais le seul fait qu’il en a postulé l’existence prouve, à mon sens, que son épistémologie était constructiviste. […]

Enfin, maintenant que les raisons scientifiques et non pas seulement personnelles de son ‘silence’ nous sont devenues intelligibles, on conçoit qu’il n’ait rien voulu publier : poussé par la contrainte de la langue (réalité mouvante et « sans analogue » qui longtemps parut lui échapper dans la mesure même où il pensait la saisir), Saussure s’est engagé sur un terrain épistémologique qui se dérobe sous vos pieds dès que vous y prenez pied.

Un mot pour finir. Tout ce que nous tirons des notes autographes et même des notes des cours de linguistique générale est foncièrement fragmentaire ; comme dans le cas d’Héraclite, les sources que nous lisons et interprétons sont évidemment insuffisantes à nous représenter pleinement l’état et l’évolution de la pensée saussurienne : les notes autographes indépendantes des cours sont anciennes et disparates ; quant aux cours, Saussure n’a pas pu leur donner la forme qui eût convenu à l’état de sa réflexion […]. Ainsi avons-nous été à jamais privés des idées que, fascinés nous-mêmes par l’épistémologie ‘héraclitéenne’ qu’il nous enseigne, nous cherchons chez lui, sans que nous puissions être assurés de les y trouver jamais : car seule une « méditation exclusive » de plusieurs mois, comme il le confiait à Léopold Gautier, lui aurait permis de leur donner forme, voire simplement de les faire exister.

Extrait de l’article « Saussure ‘héraclitéen’ : épistémologie constructiviste et réflexivité de la théorie linguistique », Linx 7 (1995), p. 27-28.

Une bibliographie partielle (1969-2004) de René Amacker, ancien Président du Cercle (1996-2002), se trouve dans Nouveaux regards sur Saussure. Mélanges offerts à René Amacker, éd. par Louis de Saussure, Genève : Droz, 2006, p. 25-32.


 
Publié par giuseppe d'ottavi dans Chroniques

Quelle contribution concrète le numérique peut-il apporter aux recherches saussuriennes ?

On tentera de répondre à cette insidieuse question le samedi 30 septembre prochain, à partir de 9 heures (heure de Cosenza), à l’Université de Calabre, avec l’aide de spécialistes des humanités numériques et d’une poignée de saussuriens.

Le cadre est donnée par le colloque organisé par le Cercle Ferdinand de Saussure comme hors d’œuvre de l’Assemblée Générale du Cercle, qui se tiendra, elle, dans la même journée et dans le même lieu à partir de 14 heures.

Interviendront au colloque : John E. Joseph (Université d’Édimbourg, Président du Cercle Ferdinand de Saussure), Lorenzo Cigana (Université de Copenhague), Angelo Mario Del Grosso (Université de Pise et CNR), Agnese Camici (Université de Pise), Emanuele Fadda (Université de Calabre), Daniele Gambarara (Université de Calabre), Giuseppe Cosenza (Université de Calabre), Claire Forel (Université de Genève), Giuseppe D’Ottavi (ITEM-CNRS, Paris), Silvia Piccini (CNR, Pise), Francesca Murano (Université de Florence).

Le programme détaillé est consultable à ce lien.

Le colloque, tout comme l’AG, est public et il sera possible d’y participer à distance. Mais attention ! : pour participer au colloque et à l’AG, il faut réserver sa place avant le 27 septembre en communiquant nom et courriel dans le formulaire ci-dessous :

Publié par giuseppe d'ottavi dans Chroniques, Événements

Assemblée Générale du Cercle 2023 plus Colloque

L’Assemblée Générale du Cercle Ferdinand de Saussure est convoquée le samedi 30 septembre 2023, à 14 heures, à l’Université de Calabre (à Cosenza), dans la salle Luigi Spezzaferro (Ponte Pietro Bucci, cubo 21B).

La convocation officielle du Président du Cercle est disponible à ce lien.

Au lieu de la conférence d’ordonnance qui accompagne l’AG du Cercle, cette année aussi un colloque tout entier est organisé. Il sera consacré à la numérisation des manuscrits de linguistes et le programme sera bientôt disponible sur ces mêmes pages.

Colloque et AG sont publics, et seront accessibles à distance, mais attention ! : pour participer, il faut réserver sa place avant le 27 septembre en communiquant nom et courriel dans le formulaire ci-dessous :

Publié par giuseppe d'ottavi dans Chroniques, Événements

Cahiers Ferdinand de Saussure 74 (2021)

Cahiers Ferdinand de Saussure. Volume 74 (2021), édité par Pierre-Yves TESTENOIRE, Genève, Librairie Droz, 2022, 328 pages, ISSN : 0068-516X, ISBN-13 : 978-2-600-06414-9, € 60,00 / CHF 61.50
Date de première publication : 05 Décembre 2022
Voir la notice de l’Éditeur.
Ce numéro en version numérique : https://revues.droz.org/index.php/CFS/issue/view/CFS74


Table des matièresCahiers Ferdinand de Saussure (Cover)

I Éditorial

À nos lecteurs (P.-Y. TESTENOIRE)

II Articles

Grazia BASILE, Le phénomène de la synonymie entre système linguistique et infinité. Saussure et Bally en comparaison
Felice CIMATTI, Saussure on the odd and unconscious nature of language
Rossana DE ANGELIS, La sémiologie à l’école de Genève
Emanuele FADDA, La syntaxe sémiologique de L. J. Prieto: une théorie de la connaissance des objects composés
Anne-Gaëlle TOUTAIN, La place de la syntaxe dans l’oeuvre de linguistique générale de Ferdinand de Saussure
Klaas WILLEMS, Saussure on synonymy

III Résumés de thèses

Aline VARGAS STAWINSKI, À l’écoute de la langue-parole: considérations à partir de la théorie saussurienne

IV Documents

Pierre-Yves TESTENOIRE et Simon WILLEMIN, Ferdinand de Saussure dans les archives de Jean Starobinski
Pierre-Yves TESTENOIRE, Raymond Queneau. Saussure, hétéroclite ?
Lucia AMARA, La traduction italienne des Mots sous les mots. Une version augmentée
Pierre-Yves TESTENOIRE et Simon WILLEMIN, Bibliographie de Jean Starobinski sur les anagrammes de Saussure

V In Memoriam

E. F. K. Koerner (1939-2022) (John E. Joseph)

VI Lectures critiques

La Grande Grammaire du français, sous la direction d’Anne Abeillé & Danièle Godard, en collaboration avec Annie Delaveau & Antoine Gautier, 2 tomes, Arles, Actes Sud, 2021, par Alain BERRENDONNER
La sémantique au pluriel. Théories et méthodes, A. Biglari, D. Ducard (éd.), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2022, par Michele PRANDI

VII Comptes rendus

Claudia MEJÍA QUIJANO, El primer curso. Lingüística general de Ferdinand de Saussure, Louis Caille y Albert Riedlinger, edición bilingüe de Claudia Mejía Quijano, Daniel Jaramillo Giraldo y Alexander Pérez Zapata, Medellín, Editorial Semsa, 2019 (E. Sofía)
François VINCENT, Ferdinand de Saussure : le premier cours de linguistique générale. La trilogie achevée, Deauville, Éditions Champs-Élysées, 2020 (P.-Y. Testenoire)
Gilles SIOUFFI, Le sentiment linguistique chez Saussure, Lyon, ENS Éditions, 2021 (G. Basile)
Vladimir do NASCIMENTO FLORES, Saussure e a tradução, Brasília, Editora UnB, 2021 (G. M. Monteiro de Carvalho et M. de Fátima Vilar de Melo)
Roman JAKOBSON, Lo Sviluppo della semiotica e altri saggi, saggio introduttivo di Umberto Eco, saggio conclusivo di Nunzio La Fauci, traduzioni di Andrea La Porta, Emilio Picco e Ugo Volli, Bompiani, Campo aperto, 2020 (M.-J. Beguelin)
Cosimo CAPUTO, Basi linguistiche della semiotica: Teoria e storia Milano – Udine, Mimesis, 2021/La scienza doppia del linguaggio. Dopo Chomsky, Saussure e Hjelmslev, Roma, Carocci, 2019 (M. Servilio)
Michel BOSSÉ, Le legs de F. de Saussure : tremplin ou boulet ? Analyse épistémologique des propositions linguistiques de Lev S. Vygotski, Jean Piaget et Jean-Pierre Changeux, Saint Lambert (Québec), Éditions Cursus universitaire, 2019 (J.-P. Bronckart)
Maurice MERLEAU-PONTY, Le problème de la parole : Cours au Collège de France, Notes, 1953-1954, texte établi par Lovisa Andén, Franck Robert et Emmanuel de Saint Aubert, avant-propos de Lovisa Andén, postface de Franck Robert, Genève, MētisPresses, 2020 (J. E. Joseph)
Tomáš KOBLÍŽEK, La conscience interne de la langue. Essai phénoménologique, avec une préface de Claude Imbert, Limoges, Lambert-Lucas (coll. « Philosophie et langage »), 2021 (S. Badir)

VIII Chroniques du Cercle

Chronique du Cercle pour les années 2021-2022


Résumés

Grazia BASILE (Université de Salerne) Le phénomène de la synonymie entre système linguistique et infinité. Saussure et Bally en comparaison
Abstract: The aim of this paper is to describe the phenomenon of synonymy as understood by Ferdinand de Saussure and Charles Bally. As regards Saussure we find semiotically relevant suggestions both in the Cours de linguistique générale and, more strongly, in the Item Notes. By pointing out some of the content differences between these two attempts at writing, the Écrits de linguistique générale. In particular, in De l’essence double du langage (essay contained in Écrits) the notion of synonymy is correlated both to that of “negative synonymy”, in reference to the oppositional and negative character of linguistic elements within a linguistic system, and to that of “infinite synonymy”, in reference to the incalculable domain of possible senses with which we can reformulate the meaning of a word according to the contexts, in the various jeux de signes (sign manipulations) in which speakers are involved. The infinite synonymy and the theoretical necessity of contextual reference, together with the reference to the jeux de signes, are also present in Charles Bally’s subsequent reflections, in particular in his notion of “expressive molecule” as a system of facts of expression grouped coherently around a given idea. Among these facts of expression there are also synonymic expressions that play an important role in the establishment of the science of expression, and more precisely of stylistics.
Keywords: Synonymy, Homonymy, Lexicon, Associative relationships, Stylistics.
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Felice CIMATTI (Università della Calabria), Saussure on the odd and unconscious nature of language
Abstract: As Starobinski explicitly showed, Ferdinand de Saussure discovered that language has its own semantic power which largely exceeds those of speakers; that is, Saussure discovered that language exists as an (almost) autonomous entity. According to this discovery language is not mainly a means of communication at the service of human beings, it is quite the contrary: human communication is a sort of collateral effect of language, because language does not exist only with the aim of allowing humans to communicate. Saussure discovered the existence of a somewhat mysterious semiotic life under the surface of natural languages, a “life” that is completely independent in respect to conscious human communicative needs. The psychoanalytical consequences of such a discovery will be explored through the Lacanian notion of lalangue
Keywords: Starobinski, anagrams, Chomsky, Lacan, lalangue.
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Rossana DE ANGELIS (Université Paris Est Créteil) La sémiologie à l’école de Genève
Abstract: The term semiology is unanimously attributed to Ferdinand de Saussure. Conceived as an autonomous field of research, semiology is presented as deriving directly from his lectures. Nevertheless, it is not seen as a field of research which has led to the creation of a real school (such as the School of Paris), nor to the instituting of a specific object of analysis. However, a semiological “legacy” stemming from Saussure’s proposals has consolidated. Protagonists of this legacy are Éric Buyssens, Luís J. Prieto, Georges Mounin, and Jeanne Martinet. To understand how their different semiological projects relate to one another, we must go back to the sources. That the definition of “semiology” presented in the Cours de linguistique générale developed across different phases of Saussure’s thought can be seen in the various senses in which it is used. This article examines the meanings which “semiology” has for Saussure and for those scholars who subsequently took it up.
Keywords: Semiology, Geneva School, Buyssens, Prieto, Mounin, Martinet.
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Emanuele FADDA (Università della Calabria) La syntaxe sémiologique de L. J. Prieto: une théorie de la connaissance des objects composés
Abstract: The article revisits a proposal by Luís J. Prieto for the (re)definition of syntax, dated 1988-1989. Prieto’s idea deserves to be reclaimed for multiple reasons: the resemblance of what he calls “phonological syntax” with what is called today “prosodic phonology”; the way in which it helps to understand the Hjelmslevian principle of biplanarity (heteroplane function); and, most of all, its semiotic value, which goes beyond the strictly linguistic level and makes it a fundamental notion for a semiotic theory of knowledge.
Keywords: L. J. Prieto, Syntax, Semiotics, Prosodical Phonology, Theory of Knowledge.
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Anne-Gaëlle TOUTAIN (Université de Berne) La place de la syntaxe dans l’oeuvre de linguistique générale de Ferdinand de Saussure
Abstract: This article attempts to determine the implications for syntax of the Saussurean definition of langue as a functioning. The deconstruction of the traditional representation of syntax is coupled with a redefinition of syntax within the framework of syntagmatic/paradigmatic and concrete/abstract entities distinctions. Syntax is elaborated as an “external determinant”, and as such it occupies a central place in Saussurean theorization of langue. This is both a point of convergence and a point of radical divergence with Chomskyan theory, a divergence which this article aims to highlight in order to propose, a bit speculatively, another answer to the question of the origin of language.
Keywords: value, system, functioning, Chomsky, psychoanalysis, phylogeny.
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Klaas WILLEMS (Ghent University) Saussure on synonymy
Abstract: Saussure’s observations on synonymie in De la double essence du langage (Saussure 2011) cast an interesting light on his general account of linguistic meaning. Synonymie covers three distinct concepts for Saussure: 1) semantic similarity of words in a particular language, based on the contrasts between (and mutual demarcation of) meanings in the lexicon, 2) semantic identity of different words in a particular language, by definition impossible in natural language, and 3) multifunctionality of a word in a particular language, to be understood in terms of a hierarchical relationship between a word’s encoded language-particular meaning and its instances of use (including figurative uses). As well as tracing the connections between these three concepts, this article calls attention to the internal consistency of Saussure’s explanations and underscores their importance for a coherent and unified approach to the linguistic sign in accordance with Saussure’s basic theoretical assumptions.
Keywords: synonymy, polysemy, multifunctionality, metaphor (figurative language), meaning, “signifié” (signified).
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Aline VARGAS STAWINSKI (Universidade Federal do Rio Grande do Sul) À l’écoute de la langue-parole: considérations à partir de la théorie saussurienne
Abstract: The aim of this thesis is to outline a conception of listening based on Saussurean linguistics. We take the role attributed to the ear and the speaker into account, in conjunction with the notions of langue and parole. To such an extent, we organize this thesis into three parts. Each one focuses on a different topic – although all of them are correlated: the listener, the speaker, and the listening. Under the effect of Saussure’s approach on langue, we conclude that listening operates as a linguistic interpretation function capable of bringing the langue-parole dichotomy into question.
Keywords: Listening, Speaking subject, Ear, Listener.
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Publié par giuseppe d'ottavi dans Chroniques, Parutions